Le donjon, haut de 27 mètres, et la chapelle jouxtant le logis de la cour intérieure, furent terminés à la fin du XIVe siècle par Louis d’Orléans, frère du roi Charles VI à qui le Valois fut donné en 1386.
On peut remarquer les éléments défensifs du lieu :
La terrasse comporte des machicoulis reposant sur des consoles de pierre appelées « corbeaux ». Le sol de ces balcons laissent entrevoir des ouvertures d’où le défenseur faisait tomber pierres et matières incendiaires. On peut voir également de remarquables gargouilles à têtes d’animaux.
Avec un tel dispositif, une garnison de cinquante hommes arrêtait facilement un corps d’armée pendant plusieurs jours.
Le château de Vez était un fort destiné à constituer un des maillons d’une grande ligne de défense : Coucy-le-Château, La ferté-Milon, Pierrefonds et Montepilloy…
Des remparts entourent l’enceinte, des chemins de ronde, appelés aussi courtines, surplombent les remparts hauts de treize mètres environ.
La porte du châtelet se situe au milieu d’une courtine. Elle était défendue par deux tourelles se terminant en clocheton, et par un pont levis. Un fossé séparait le mur d’enceinte de la basse-cour.
Deux tourelles, bâties aux extrémités des courtines, servaient également à la défense. On y accédait par un escalier. L’une d’elle s’effondra dans les années 50.
On peut remarquer, flanquée sur un rempart, la tour Jeanne d’Arc, ainsi dénommée en souvenir du passage de Jeanne d’Arc à Vez. Celle-ci accourut dans le Valois en apprenant que le duc de Bourgogne cherchait à s’emparer des différents châteaux pour relier les Flandres à ses domaines de Bourgogne. Jeanne d’Arc gagne Crépy et de là « rodant en quelque sorte, autour de la ville, comme un chien de garde vigilant qui rassemble son troupeau » selon l’expression de Gabriel Hanoteau, elle bat la campagne de Senlis à Compiègne.
La chapelle, était consacrée à Simon de Vez, comte de Valois, qui figure sur un des vitraux, et dont les armes sont rappelées sur un tympan sculpté. Simon fut doté par son père en 1604 du château de Vez. Il épousa la fille du comte d’Auvergne et fit vœu de chasteté le soir de ses noces.
Comte de Vexin et de Valois, seigneur riche et puissant, Simon se fit simple moine et donna Vez, terres et château à sa sœur Adèle qui épousa Hubert IV, comte de Vermandois. C’est par ce mariage que furent réunis les comtés de Valois.
Au sous-sol de cette chapelle, se trouve la crypte, remarquable pièce voûtée à l’intérieur de laquelle on peut découvrir des sarcophages de l’époque gallo-romaine provenant des catacombes de Champlieu sur Oise.
Au rez-de-chaussée, on pénètre dans une grande pièce où l’on peut admirer de magnifiques fonds baptismaux provenant de la cathédrale de Morcourt sur Oise, un autel et à son coté deux tombeaux en marbre blanc où gisent Monsieur et Madame Dru, anciens propriétaires de Vez.
Léon Dru, né à Paris en 1836, était à la tête de l’importante entreprise de sondage à laquelle on doit, entre autres, les puits artésien de Grenelle. Il mourut en 1904, laissant en donation à l’Etat de grosses sommes d’argent qui permirent au gouvernement d’acquérir le château d’Azay-le-rideau ainsi que deux tableaux de Chardin (actuellement au Musée du Louvre. Léon Dru repose dans la chapelle de Vez à coté de sa femme. Sa tenue de cosaque rappelle ses nombreux séjours en Russie.
Emmanuel Frémiet (1824-1910) auteur de ces chefs d’œuvres, connu pour ses sculptures animalières (Dromadaire de 1847, chevaux et dauphins de la fontaine de l’observatoire en 1870).
En montant quelques marches, on arrive à un petit oratoire, d’où Jeanne d’Arc pouvait suivre la messe lors de son passage à Vez, puis à la « salle des gardes » qui s’ouvre par une très belle porte du XVIe siècle en noyer sculpté.
Au dessus de la salle des gardes, on découvre une dernière salle surprenante appelée « la salle Eiffel » car c’est le célèbre architecte Gustave Eiffel, qui en fit l’armature métallique, en forme de berceau.
La chapelle est dans son ensemble surmontée par une courtine, d’où la vue sur les environs est admirable.
Après Léon Dru, le château fut vendu par ses héritiers au Baron du Sault. Après la première guerre mondiale, il fut à nouveau cédé à Eugène Barbier.
Eugène Barbier voulut conserver à son château l’aspect de forteresse médiévale tout en voulant faire une résidence moderne dotée de tout le confort du XXe siècle.
L’entrée du Donjon, seul corps de logis désormais, fut fermée par une porte en fer forgé qui s’accorde parfaitement avec les sculptures à colonnettes et le fronton surmonté des armes du Valois.
En 1987, ses arrières-petits-enfants le vendaient aux propriétaires actuels Caroline et Francis Briest.
Elle a été aménagée par le paysagiste Stéphane Ducoux qui y a installé des pommiers en espalier. Cette cour présente neuf sculptures en bronze du célèbre sculpteur Antoine Bourdelle (1861-1929) provenant du Musée Bourdelle à Paris.